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C’est le 2 décembre 1805 que s’entame la bataille d’Austerlitz dans le sud de la Moravie, aujourd’hui territoire de la République tchèque. Après 9 heures de combat, Napoléon, en infériorité numérique importante, vient à bout d’une coalition formée par les Russes et les Autrichiens.

Ce jour-là, la stratégie de Napoléon consistait à déployer une partie de son armée dans une position forçant la coalition à l’attaquer sur son flanc droit, se donnant ainsi l’avantage du terrain. Une fois la coalition bien engagée dans cette manœuvre, Napoléon a donné l’ordre à son armée réserviste d’attaquer au centre. Deux portions de l’armée adverse se sont ainsi retrouvées isolées, permettant à Napoléon de les vaincre.

Cette bataille est depuis considérée comme un véritable chef-d’œuvre de stratégie, faisant de Napoléon l’un des stratèges les plus reconnus de tous les temps.

Strategos

Il existe de nombreux rapprochements entre la stratégie de guerre et la stratégie organisationnelle dans la littérature. D’ailleurs, le mot « stratégie », tiré du grec « strategos », signifie littéralement « le dirigeant de l’armée ». Qui plus est, selon le dictionnaire Merriam-Webster, le but de la stratégie est de « manœuvrer les forces [c.-à-d. une armée] de façon à positionner cette dernière de manière avantageuse, avant la confrontation avec les forces ennemies » (traduction libre). En d’autres mots, la stratégie consiste en l’harmonisation des manœuvres permettant de remporter une guerre.

Cette analogie peut être divisée en deux phases : la réflexion stratégique et la planification stratégique.

La première phase est celle qui a permis à Napoléon de réfléchir, avec ses subordonnés, à l’éventail des manœuvres possibles tout en tenant compte de l’ensemble des données et des idées créatives auxquelles il avait accès (par exemple, le caractère accidenté du terrain du flanc droit). C’est ce qui lui a permis de choisir la meilleure avenue. 

La deuxième phase, elle, lui a permis de diviser la manœuvre retenue en une série de tactiques qui allaient ensuite pouvoir être exécutées sur une période donnée, permettant à son armée de se placer dans une position avantageuse (les réservistes au centre). 

En termes de gestion, la stratégie est donc évoquée lorsqu’il est question d’explorer l’ensemble des possibilités qui s’offrent à une organisation. La planification stratégique, quant à elle, réfère à la manière de transposer et de traduire ces options en un plan d’action concret.

L’enjeu moderne

Au fil du temps, de nombreuses organisations ont perdu cette capacité de réflexion stratégique et ont plutôt pris l’habitude de passer directement à l’étape de la planification stratégique. Pour elles, la stratégie débute lorsque l’équipe exécutive analyse ensemble les résultats de l’année précédente et tente de planifier le futur, ce qui les mène inévitablement vers des chemins familiers et ferme la porte aux nouvelles possibilités, limitant grandement le potentiel d’innovation. 

Comme le dit si bien Chris Bradley, stratège chez McKinsey et auteur du livre Strategy Beyond the Hockey Stick : « As soon as you put strategy and planning together, planning will always win. […] By the time you come to planning, you should already have your strategy in mind. » 

À l’aube de la bataille d’Austerlitz, Napoléon aurait-il pu faire fi de l’étape d’exploration de son environnement à la recherche d’un terrain avantageux pour planifier une stratégie en se basant uniquement sur celle qui l’avait aidé à remporter la bataille précédente? Non, bien évidemment. Pourtant, c’est ce que de nombreuses organisations font; c’est peut-être ce que vous faites vous-mêmes sans vous en rendre compte.

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