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BEIJING, 2008 - Michael Phelps se retrouve sur le podium de départ pour une des courses les plus importantes de sa vie : la finale masculine du 200 mètres style papillon.

Bien que l’on puisse aujourd’hui  affirmer qu’il est incontestablement le meilleur nageur de tous les temps, la course qui se profilait devant lui était l’occasion ultime de prouver cette supériorité.

S’il parvenait à répéter l’exploit établi en Coupe du monde, il deviendrait alors le plus grand médaillé de l’histoire olympique.

Selon son entraineur Bob Bowman, avec qui il collabore depuis de nombreuses années, Phelps est prêt pour cette course. Son entrainement est optimal, tant mentalement que physiquement. Il passe de longues heures à l’extérieur de la piscine, à visualiser chaque course, une pratique qu’il a débutée à un très jeune âge et qui lui a servi tout au long de sa carrière. Ainsi, pour cette course toute particulière, le nageur a visualisé la séquence des milliers de fois dans sa tête. Chaque mouvement, du départ à l’arrivée, est minutieusement décortiqué. Il est prêt à exécuter une course parfaite.

Le coup de départ est donné.

Phelps plonge avec une détermination olympique. Mais voilà que la course prend une tournure imprévisible : dans les 50 premiers mètres, il réalise que ses lunettes se remplissent d’eau. La situation est à ce point catastrophique, qu’avant même d’avoir complété le quart de la distance, il ne voit plus rien. Mais enlever ses lunettes n’est pas une option, puisque ce serait une disqualification automatique.

Imaginez quelques instants que vous vous entrainez pour ce moment depuis l’âge de 12 ans et que le film de ce moment fatidique a joué des milliers de fois dans votre tête. À l’instant le plus important de votre carrière, l’impensable se produit.

Phelps touche le mur du fond après quatre longueurs, ne sachant absolument pas dans quelle position il se trouve. Il reconnait, dans une entrevue donnée peu de temps après, qu’il était furieux. Pourtant, il venait de franchir les 200 mètres en 1:53:03, fracassant le record olympique et battant son propre record de six centièmes de secondes. C’est, encore à ce jour, le meilleur temps olympique enregistré pour cette discipline.

À la grande stupéfaction de son entraineur, Phelps était prêt pour cette situation, sinon plus que pour une course habituelle. En entrainement mental, non seulement il avait visualisé la course parfaite, mais il s’était attardé à plusieurs autres scénarios, dont celui avec les yeux fermés. Il savait précisément où était le mur, ainsi que le nombre de battements qu’il devait effectuer pour s’y rendre.

La visualisation en gestion

Il y a beaucoup de parallèles à faire entre cette course de Phelps et certains moments de notre carrière de gestionnaire. Une planification stratégique, pour son entreprise ou simplement pour un projet, se déroule rarement comme elle a été planifiée.

Tout comme Phelps cette journée-là, il est possible que nos lunettes se remplissent d’eau en cours de route.

En d’autres mots, la visualisation est primordiale avant de plonger dans l’exécution. Si vous ne faites qu’évaluer le scénario parfait, vous courrez le risque d’être pris au dépourvu.

Si vous gérez un projet, pourquoi ne pas faire un débrief avec votre équipe avant même que celui-ci ne débute, en vous posant la question suivante : « qu’est-ce qui pourrait mal aller, et comment allons-nous réagir? ». En planification stratégique, pourquoi ne pas visualiser en équipe les aspects inhérents au plan, mais d’un point de vue de l’échec? En se demandant, par exemple, de quelle manière le groupe réagirait si un élément venait à déroger du plan initial.


En équipe, le Design Thinking est une excellente façon de définir des « alternatives désastreuses » à votre plan. Ainsi, vous connaitrez vos angles morts et atteindrez vos objectifs, peu importe le scénario.

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